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Mon chat est agressif : pourquoi et que faire ?

Eh oui ! Le gentil minou, des vidéos craquantes qui parsèment le Net, peut avoir ses humeurs… Mais qu’entend-on par agressivité ? De quelle manière se manifeste-t-elle ? Envers qui ? Pourquoi ?

En premier lieu, définissons l’agressivité… Contrairement aux idées reçues, l’agressivité est une pulsion de vie nécessaire, qui permet à tout être vivant de réagir face à ce qu’il considère comme une agression. C’est ce qui permet à tout un chacun de ne pas tout accepter de la part d’autrui. Mais il peut arriver que l’agressivité s’exacerbe au point de devenir problématique dans la relation.

Chez un chat, l’agressivité se manifeste de différentes façons. Ainsi, il peut prévenir par des feulements, des crachements voire des vocalises et même des marquages urinaires. Puis, si la situation persiste, interviennent les griffures par les pattes avant, les lacérations par les pattes arrières, les morsures. La mimique typique du chat agressif le montre avec les oreilles couchées, plaquées en arrière sur la tête, les yeux plissés, la gueule largement ouverte dégageant les crocs. La posture d’attaque se définit alors par le chat couché sur le dos toutes les griffes sorties, prêt à en découdre…

En fonction de sa vie, de son passé, des animaux ou des personnes qu’il côtoie, des évènements vécus, … le chat peut passer par des phases agressives quand le stress ressenti lui fait craindre pour sa sécurité ou pour l’intégrité de son territoire. En effet, le chat est un animal prédateur et territorial qui apprécie de pouvoir gérer son espace. Nous allons donc voir les différents cas de figure des potentielles manifestations agressives des chats.

 

Les chats non-stérilisés : enjeux de pouvoir et protection des petits

Chez les chats non-stérilisés, l’impact des hormones va jouer un rôle majeur. Chacun a déjà dû entendre les « chants » et les « râles » des matous amoureux et des femelles en chaleur. Ces évènements s’accompagnent de bagarres entre mâles pour définir quel territoire appartiendra au vainqueur et quelles femelles seront couvertes par le gagnant. Les accouplements eux-mêmes ne sont pas une partie de plaisir : car les pénis des mâles comportent un éperon, dont la piqûre douloureuse provoque l’ovulation chez la femelle. Le coït se termine d’ailleurs par une réaction vigoureuse de la femelle qui chasse le mâle.

Ensuite quand, au bout de 2 mois, la femelle a mis bas, celle-ci peut, pour protéger ses petits, faire preuve d’agressivité envers quiconque envisagerait d’approcher ses petits.

Bien évidemment, ces situations sont surtout l’apanage des chats des rues, vivant loin de tout contact humain. Les chats reproducteurs en élevage n’ont pas à combattre pour leur survie ; mais ils peuvent faire montre d’agressivité au moment des montées hormonales (saillies) ou de la protection des chatons. Il est important d’accompagner au mieux ces moments stressants par une ambiance calme, notamment pour rassurer la future maman.

En ce qui concerne l’agressivité chez des chats non-stérilisés mâles ou femelles, la première option à envisager, pour la résoudre, est la stérilisation. En effet, la chute hormonale va éteindre les instincts de reproduction et diminuer la possession territoriale. Les chats deviennent plus sereins et moins enclins aux prises de risques.

 

La prédation et le jeu chez le chat

En effet, le chat est un animal prédateur : il aime chasser et même consommer ses proies. Il s’agit d’un comportement naturel chez notre compagnon à quatre pattes et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est devenu partie intégrante de nos familles. Les premiers chats ont été adoptés par les humains qui voulaient protéger leurs grains des souris.

Le chat qui peut sortir et chasser, assouvit pleinement son instinct de chasseur et décharge ainsi son trop-plein d’énergie dans la traque du petit gibier, même si le résultat est décevant. En revanche, le chat d’appartement a lui aussi besoin de se défouler. Si son espace de vie est trop restreint, sans jouets, ni interactions suffisantes avec son gardien ou repas réguliers, le chat peut développer des comportements agressifs ressemblant aux agissements d’un félin chasseur. Il peut alors se mettre en embuscade (souvent au crépuscule) derrière les meubles, pour bondir sur les chevilles des personnes qui passent. Un comportementaliste de l’association comportementalistespourtous.org peut aider à désenclaver ce genre de comportement avant qu’il ne s’installe.

Quand on parle du jeu chez le chat, c’est l’occasion d’aborder son aspect essentiel dans la vie de notre félin domestique. Effectivement, le jeu n’est pas très loin de la prédation : poursuites de balle ou de point-laser, embuscades pour guetter un serpentin, … Le chat reste, même à l’âge adulte, un animal très joueur.

En appartement, nos félins domestiques ont le besoin de se défouler. S’ils restent seuls trop longtemps, s’ils n’ont pas de vraies séances de jeu, pas de stimulation, … cela peut faire naître une frustration par manque d’exercices pouvant aboutir à des comportements agressifs. Dans ce cas, un aménagement adéquat de l’espace et du temps passé avec son chat amènera une résolution du problème. Un avis d’un de nos comportementaliste, après analyse de la situation, apportera les solutions nécessaires à chaque type de problème.

Chez certains chats, séparés trop tôt de leur mère et de leurs frères et sœurs, le jeu n’a pas été cadré pour rester juste un amusement. En effet, la maman chat apprend à ses petits à contrôler leurs morsures et leurs griffades. Pour les chatons orphelins ou enlevés avant 2 mois ½ à leur mère, il manque l’éducation primordiale du jeune chat et tous les codes félins (morsure inhibée, détournement du regard, griffades retenues, …). Ces chats, fortement imprégnés de l’humain, sont des inadaptés sociaux par rapport à leur espèce. Ils seront donc souvent la cause ou l’initiateur de bagarres avec d’autres chats et ils ne sauront pas jouer avec un humain sans mordre et griffer. Pour eux, il est essentiel de consulter notre association au plus tôt, afin d’adapter au mieux l’environnement de ces chats.

 

L’agression par peur et l’agression reportée

Comme rappelé plus haut, le chat est un prédateur. Mais il est aussi une proie de par son petit gabarit. Il peut donc réagir au stress, à l’anxiété, et retourner ses crocs et ses griffes vers la source de son désagrément. Les vétérinaires connaissent bien les réactions vives des chats qui ne veulent pas se laisser soigner, car ils ont peur, ils souffrent, ils ne comprennent pas la situation, … Un chat manipulé gentiment depuis son plus jeune âge aura moins d’appréhension. Pour un chat privé de contact humain depuis son plus jeune âge, il faudra faire preuve d’une grande patience. Car pour lui, qui peut bien être cette grande créature sur deux jambes qui veut avoir des interactions avec lui … ? Un temps d’adaptation, variable selon chaque individu, selon son degré de sensibilité, va devoir être mis en place pour l’apprivoiser comme le renard du Petit Prince. L’aide d’un de nos professionnels du comportement félin apporte son lot de solutions aux gardiens désemparés.

Mais il arrive également qu’un chat habituellement calme présente une soudaine anxiété, rencontre une situation stressante ou ressent une grande frustration (proie manquée par exemple) ; il n’est alors pas en mesure de réagir directement avec ce qui l’agresse. Il va alors reporter son agressivité vers quelqu’un d’autre (la personne ou la créature la plus proche) qui fera les frais de ses griffures ou de ses morsures. Dans ces cas, une incompréhension peut naître entre le chat et son gardien qui ne comprend pas pourquoi il est l’objet de ses agressions ; l’intervention d’un comportementaliste membre de comportementalistespourtous.org permet de décrypter le phénomène et d’y apporter des solutions.

 

L’agressivité envers les autres animaux

Le chat est donc prédateur et proie. Il aura donc des tendances innées à vouloir chasser ce qui est plus petit que lui et à fuir ce qui est plus gros. C’est pourquoi, il est important, pour limiter ces instincts, que les chats soient mis au contact d’autres félins et d’autres espèces dès leur plus jeune âge ; ainsi il sera familiarisé, sociabilisé. En revanche, les chatons privés de rencontres, isolés volontairement ou non, auront des comportements asociaux qui pourront aller de la fuite à l’agression. En effet, un chat qui n’a jamais vu de chien de sa vie, peut être totalement effrayé par cette créature qui n’a pas du tout les mêmes codes que lui et qui cherche à l’approcher. Il existe des méthodes pour permettre de faire connaissance en douceur afin de laisser au chat le temps de se familiariser au nouvel arrivant. Et il faut aussi savoir accepter que les relations puissent être tendues au départ. Car certaines interventions humaines, même en voulant bien faire, peuvent envenimer des situations qui se seraient réglées d’elles-mêmes.

 

Apparition soudaine de comportements agressifs

Votre chat, si doux habituellement, ne se laisse soudain plus manipuler, ni caresser. Son comportement change : il feule quand vous l’approchez, il évite vos contacts, voire vous donne un coup de griffes ou de dents.

N’hésitez jamais à consulter votre vétérinaire, qui reste votre premier interlocuteur, concernant la santé de votre chat. En effet, une agressivité d’apparition soudaine, chez un chat d’ordinaire calme et doux, peut être signe de maladie, douleur, bouleversement hormonal, …

 

 

Conclusion

Depuis les années 2000, le nombre de chats n’a fait qu’augmenter dans les foyers français. Ainsi, d’après le dernier recensement d’une enquête IFOP de 2020, l’hexagone compterait 14 millions de chats domestiques. Dans l’immense majorité des cas, tout se passe bien entre notre félin et nous. Mais en cas de disfonctionnement relationnel, d’agressivité établie ou récente, il ne faut hésiter à consulter un des spécialistes en éthologie féline de l’association comportementalistespourtous.org, qui ramènera la sérénité au sein du foyer.

 

Anne DUDA

 

 

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N’hésitez pas à nous contacter pour toute question ou demande sur contact@comportementalistespourtous.org.

 

 

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