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L’alimentation du chien ou du chat : comment choisir ?

C’est une question essentielle car actuellement, l’alimentation tant humaine qu’animale est au cœur des préoccupations de tout un chacun.

En effet, nous voyons des émissions et nous lisons des articles concernant le bio, l’alimentation ultra transformée, le bien-être animal, … et nous voulons faire aux mieux pour nos compagnons à quatre pattes.

Mais tout d’abord, demandons-nous, quel doit-être le régime alimentaire idéal pour un chien ou pour un chat ?

 

Le régime alimentaire du chien :

Le chien est un carnivore opportuniste. Sa dentition est adaptée à la prédation, à déchirer de la viande et à broyer des petits os ; c’est pourquoi il a des canines pointues et des molaires tranchantes. De la même façon, ses intestins sont courts et donc adaptés à un régime carné (au contraire d’un herbivore ou d’un granivore qui auront des intestins longs et des molaires plates pour écraser).

L’aspect opportuniste du chien fait qu’il peut également se nourrir de fruits, de légumes, en petites quantités, comme complément. En fait, l’alimentation idéale du chien ressemble à la manière de s’alimenter de son ancêtre le loup ou de son proche cousin, le renard ; lesquels ne dédaignent pas une charogne (et nos chiens non plus, à notre plus grand désespoir).

 

Le régime alimentaire du chat :

Le chat est un carnivore strict. Comme le chien, il a une dentition et un système digestif adapté à la digestion de la viande (canines pointues, molaires tranchantes, intestins courts). En revanche, le chat aime la viande fraîche et n’a pas besoin d’ajout de fruits ou de légumes dans son alimentation.

Tous deux, chien et chat, ont donc un métabolisme de carnivore, capable de digérer les protéines et les graisses pour un fonctionnement optimal. Il est, en revanche, inadapté à la digestion des glucides et des amidons (ce qui est l’apanage des herbivores et granivores).

Mais alors, comment faire au mieux pour nourrir nos compagnons à 4 pattes ? Nous allons passer en revue les différents modes d’alimentation et également ce qu’il faut éviter absolument dans l’alimentation canine et féline.

 

Le BARF ou Raw food (légumes, viande et os crus)

C’est une manière de nourrir nos animaux domestiques qui nous vient des USA, du Canada et d’Australie dont les chefs de file sont les vétérinaires Dr Tom Lonsdale et Dr Billinghurst. Elle se calque au plus près des besoins nutritionnels des carnivores. Les 3/4 des rations se composent de viande (muscles et abats), d’os charnus (os enrobés de viande comme une cuisse de poulet ou un cou de canard) et d’ ¼ de légumes et fruits, le tout cru et additionné d’huile animale (poisson) ou végétale. Un autre intérêt de cette alimentation est que l’animal peut déchiqueter la viande et se nettoyer les dents, ce qui permet d’éviter les détartrages.

C’est une alimentation qui ne s’improvise pas. En effet, un mauvais BARF peut entraîner des carences alimentaires, voire des problèmes de santé plus sérieux si la ration quotidienne contient trop d’os. En effet, les os crus enrobés de viande sont consommables et ne forment pas d’esquilles pointues comme les os cuits ; mais ils ne doivent constituer qu’une part minoritaire de la ration.  Avant de se lancer, il est nécessaire de se documenter auprès d’associations sérieuses (par exemple : www.barf-asso.fr) qui proposent des calculateurs de rations en fonction de l’âge, de la taille et de l’activité de l’animal. En effet, on ne nourrira pas du tout de le même manière un York toy et un Dogue allemand.

Une alimentation BARF demande également que le gardien de l’animal s’investisse pleinement dans son alimentation et dans la création des gamelles. Effectivement vous savez alors exactement ce que votre compagnon à 4 pattes va manger et vous maîtrisez son équilibre alimentaire sur la semaine.

En ce qui concerne les chats qui vivent exclusivement en appartement, l’alimentation BARF peut être compliquée à mettre en œuvre. En effet, les chats sont souvent bien plus difficiles que les chiens face à la nourriture. En outre, nos félins aiment manger de multiples petits repas ; les amener à l’alimentation crue doit se faire progressivement pour ne pas bouleverser leurs habitudes et passer à 3 repas à la place d’une alimentation à volonté. Quant aux chats pouvant sortir, qui sont chasseurs et consomment leurs proies, ils pratiquent, en quelque sorte, déjà le BARF naturellement.

Quand on se décide à sauter le pas pour ce type d’alimentation, il convient également de se renseigner sur les filières d’approvisionnement et les prix pratiqués. Il vaut mieux fuir les rations BARF toutes prêtes, dont on ne sait rien de la composition réelle ; elles sont également très chères. Il existe, à présent des fournisseurs, approvisionnant également les zoos, qui vendent, à prix compétitifs, de la viande aux particuliers qui pratiquent le BARF. Le regroupement de commandes via une association peut permettre de diminuer les tarifs.

Il faut également penser au stockage de la viande achetée. Si on vit avec un chien de grande taille ou avec plusieurs chiens et/ou plusieurs chats, il est nécessaire d’investir dans un 2ème congélateur et de respecter la chaîne du froid.

 

La ration ménagère

C’est ainsi qu’on nourrissait les chiens et les chats avant la distribution en masse des croquettes dans les années 70. On a tous lu des histoires d’achat de mou pour le chat ou de la préparation de la soupe pour le chien. Toutes ces rations n’étaient pas équilibrées pour les animaux et étaient souvent constituées de restes de tables ; certains chiens étaient malheureusement nourris de soupes de pain. Nos animaux méritent une alimentation digne de ce nom et la ration ménagère, bien préparée, en fait partie.

Comme mentionné dans la description des carnivores, ceux-ci ont un métabolisme qui fonctionne avec les protéines et les graisses. Les glucides et amidons ne leur sont pas utiles. Or, souvent, dans les rations ménagères, on retrouve du riz ou des pâtes, qui n’ont aucun intérêt nutritionnel du point de vue de nos carnivores domestiques, mais qui constituent en fait un élément de remplissage pour atteindre la satiété.

La ration ménagère idéale d’un chien contient environ 70% de viande cuite et 30% de légumes cuits, additionnée d’huile végétale ou animale. Pour le chat, elle est constituée uniquement de viande cuite additionnée d’huile. Cette ration respecte les besoins nutritionnels des carnivores. Elle demande un temps de préparation pour la cuisson des aliments et un investissement personnel quant à l’achat des ingrédients au meilleur prix. Comme pour l’alimentation BARF, le regroupement à plusieurs pour les commandes et l’achat d’un 2nd congélateur peut s’avérer être judicieux, si on a beaucoup d’animaux. Cela permet aussi de stocker des rations préparées à l’avance pour gagner du temps. Il est également nécessaire de s’adresser à des personnes compétentes pour savoir quelle quantité donner par jour. En effet, chaque animal, chien ou chat, a son profil type : en fonction de sa race, son poids, sa taille, son activité physique, son âge, … la ration peut être totalement différente. Ce type de ration demande également à être complété par du calcium pour la croissance des chiots et le maintien de l’ossature des adultes ; la meilleure source de calcium est la poudre de coquilles d’œufs bio, à broyer soi-même (là également le dosage ne s’improvise pas et varié en fonction de l’animal).

 

Les croquettes

Depuis qu’elles ont envahi les étals des supermarchés, des animaleries et les salles d’attentes des vétérinaires, les croquettes sont devenues le moyen privilégié pour nourrir nos animaux de compagnie. Les publicités nous les vantent comme étant la nourriture la plus simple, la plus efficace, la plus saine, … mais ce sont uniquement des arguments publicitaires. En effet, la majorité des croquettes contiennent des additifs (colorants, émulsifiants, conservateurs, additifs appétants, …) et leurs ingrédients majoritaires sont souvent des céréales, c’est-à-dire des glucides et des amidons qui n’ont rien à faire dans l’alimentation d’un carnivore. Quant à la « viande » qui est sensée être contenue dans certaines croquettes, elle est souvent composée de farines d’os, de plumes, de pattes, de sabots, … Les marques connues ou les prix élevées ne sont pas forcément une garantie de qualité. Demandons-nous si l’augmentation, ces 40 dernières années, des maladies de société (maladies cardio-vasculaires, arthrose, allergies, cancers, maladies auto-immunes, …) chez l’humain et chez les chiens et chats n’est pas corrélée à l’alimentation ultra-transformée ?

Il existe des croquettes de bonne qualité. Une lecture attentive de leur composition est primordiale pour les découvrir. Elles ne doivent pas contenir de céréales (blé, maïs, riz) qui favorisent le syndrome du foie gras. Leur taux de cendres ou composition minérale doit être inférieur ou égal à 8,5 %, sinon il y a risque de surcharge rénale. La mention « viande de… » ou « viande fraîche de… » doit clairement apparaître. Attention aux croquettes qui contiennent trop de pommes de terre ou de patates douces, car ces ingrédients ne sont là qu’en remplissage et n’ont aucun intérêt nutritionnel pour un chien ou un chat. De même, la pulpe de betteraves ne sert qu’à rendre les croquettes appétantes en leur donnant un goût sucré et cela favorise l’apparition de tartre et/ou de caries ; la pulpe de betteraves est un déchet de l’industrie sucrière qui constitue un ingrédient à bas prix pour les fabricants.

Avec les croquettes, nous sommes, sans le moindre doute, face à un aliment ultra-transformé. Il s’agit d’ingrédients qui ont été extrudés, c’est-à-dire cuits à très hautes températures et pressions ; lors de ce processus, les qualités nutritionnelles et le goût (vitamines, anti-oxydants, saveurs) sont détruits. Des additifs sont ajoutés pour rendre les croquettes consommables. Certaines croquettes, dites de pressage à froid, sont à privilégier, car leur cuisson est réalisée à basse température. Il convient néanmoins de lire attentivement leur composition.

Les croquettes ont un côté indéniablement pratique. On ouvre le sac, on pèse ou mesure la ration de notre animal, on verse dans sa gamelle et … c’est tout. Cet aspect pratique devrait être utilisé pour ce qu’il est, c’est-à-dire comme dépannage quand on n’a pas le temps de préparer une ration-maison. Comme pour tout aliment ultra-transformé, les croquettes ne devraient pas être considérées comme un aliment à usage quotidien ; tout comme pour l’humain, dont la consommation de plats préparés industriels, devrait être occasionnelles.

 

Conclusion

L’alimentation animale est un aspect essentiel de la santé de nos chiens et chats. Un animal vif et alerte, avec un poil fourni et brillant, de belles dents et une haleine fraîche, est un animal bien nourri.

C’est à nous, en tant que gardiens, de veiller à alimenter au mieux nos compagnons de vie pour les garder le plus longtemps possible avec nous dans de bonnes conditions.

 

 

Anne DUDA

 

 

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